Le contrat Cachemire 2 Série 2, produit phare de l’assurance vie Banque Postale, affiche un rendement de 2,30 % net de frais de gestion sur le fonds euros en 2024 et 2025. Ce niveau le place sous la moyenne nationale, et nettement en retrait par rapport aux meilleurs contrats en ligne qui ont dépassé 3 % sur la même période.
Pour un épargnant déjà engagé, la question n’est plus de savoir si le contrat pose problème en théorie, mais de mesurer concrètement ce qu’il coûte chaque année en performance perdue.
Rendement du fonds euros Cachemire 2 : l’écart avec le marché se creuse
Un écart de 0,5 point de rendement annuel par rapport à la moyenne du marché peut sembler anodin. Sur dix ans et un capital de départ conséquent, cet écart se traduit par plusieurs milliers d’euros de manque à gagner, nets de fiscalité.
Le fonds euros de Cachemire 2 Série 2 a servi 2,30 % en 2024 comme en 2025. Dans le même temps, des analyses spécialisées (Finary, Meilleurtaux) classent les contrats bancaires traditionnels, dont celui de La Banque Postale, parmi les assurances vie les moins performantes du marché en 2025.
Nous observons que ce décrochage n’est pas conjoncturel. Les fonds euros des réseaux bancaires souffrent d’une allocation obligataire ancienne, moins réactive à la remontée des taux que celle des assureurs en ligne ou des contrats patrimoniaux. Le rendement servi dépend directement de la politique de provisionnement de l’assureur, et La Banque Postale n’a pas communiqué de bonus significatif pour compenser cet écart.

Frais de l’assurance vie Banque Postale : trois couches qui érodent le capital
La structure de frais des contrats bancaires constitue le vrai problème de fond, plus encore que le rendement brut du fonds euros. Chez La Banque Postale, comme chez la plupart des réseaux physiques, les frais se superposent à plusieurs niveaux.
- Frais sur versement : prélevés à chaque alimentation du contrat, ils amputent immédiatement le capital investi. Les contrats en ligne ont généralement supprimé ces frais depuis plusieurs années.
- Frais de gestion annuels sur le fonds euros et sur les unités de compte : ils viennent réduire le rendement net servi chaque année. Sur les unités de compte, ils s’ajoutent aux frais propres des supports (OPCVM, ETF).
- Frais d’arbitrage : facturés lors d’un changement de répartition entre supports, ils pénalisent toute gestion active du contrat.
Ce cumul de frais crée un effet de ciseau : le rendement brut du fonds euros est déjà inférieur à la moyenne, et les frais le réduisent encore davantage. Sur un horizon long, la différence de frais entre un contrat bancaire et un contrat en ligne peut représenter plusieurs dixièmes de points par an, ce qui amplifie mécaniquement l’écart de performance nette.
Unités de compte et diversification : une offre restreinte sur Cachemire 2
Le nombre d’unités de compte disponibles sur Cachemire 2 Série 2 reste limité par rapport aux contrats multisupports des courtiers en ligne. Deux carences ressortent nettement.
ETF quasi absents du contrat
L’offre d’ETF (trackers indiciels) est insuffisante. Pour un épargnant qui souhaite construire une allocation diversifiée à moindre coût, l’absence d’ETF actions monde, d’ETF obligataires ou sectoriels ferme la porte à des stratégies pourtant devenues courantes. Les frais courants d’un ETF sont souvent dix fois inférieurs à ceux d’un OPCVM classique, ce qui renforce l’impact du problème de frais décrit plus haut.
Immobilier papier marginal
La diversification immobilière (SCPI, SCI, OPCI) reste très limitée dans le contrat. Or, l’immobilier papier constitue un levier de rendement et de décorrélation que de nombreux contrats concurrents intègrent désormais avec une dizaine de supports minimum.
Nous recommandons de vérifier la liste exacte des supports disponibles dans votre relevé annuel. Si votre allocation repose à plus de 80 % sur le fonds euros faute d’alternatives intéressantes en unités de compte, votre contrat fonctionne comme un simple placement monétaire surtaxé.

Vérifier si votre contrat assurance vie Banque Postale reste pertinent : les points de contrôle
Avant d’envisager un transfert ou un rachat, une analyse factuelle de votre situation s’impose. Voici les éléments à examiner sur votre dernier relevé et dans vos conditions générales.
- Comparez le rendement net servi sur votre fonds euros avec la moyenne nationale publiée chaque année (rapport ACPR). Un écart persistant de plus de 0,3 point doit alerter.
- Additionnez tous les frais prélevés sur l’année : frais de gestion, frais sur versement, frais d’arbitrage. Rapportez ce total à votre encours moyen pour obtenir votre taux de frais réel.
- Listez les supports disponibles en unités de compte. Si le contrat ne propose ni ETF, ni SCPI, ni fonds indiciels à frais réduits, votre marge de manoeuvre pour améliorer le rendement est quasi nulle.
- Vérifiez l’antériorité fiscale de votre contrat. Un contrat de plus de huit ans bénéficie d’un abattement fiscal sur les rachats. Cette antériorité a une valeur qu’il faut intégrer dans le calcul avant toute décision de transfert.
Un contrat ancien avec une antériorité fiscale favorable peut justifier d’être conservé pour la partie fonds euros, tout en ouvrant un second contrat plus compétitif pour les versements futurs. Conserver l’antériorité fiscale ne signifie pas continuer à alimenter un contrat sous-performant.
Transfert ou rachat d’un contrat Banque Postale : ce que la loi Pacte permet (et ne permet pas)
La loi Pacte a introduit la possibilité de transférer un contrat d’assurance vie chez le même assureur, sans perte de l’antériorité fiscale. En pratique, cette option suppose que l’assureur de La Banque Postale (CNP Assurances) propose un contrat d’accueil plus avantageux en interne.
Le transfert vers un assureur concurrent, en revanche, implique un rachat total suivi d’une nouvelle souscription. L’antériorité fiscale est alors perdue. Pour un contrat de moins de huit ans, l’impact fiscal peut être significatif. Pour un contrat ancien, l’abattement annuel sur les plus-values (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple) permet souvent de lisser les rachats sur deux ou trois exercices fiscaux.
Le choix entre conserver, transférer en interne ou racheter dépend de trois variables : l’ancienneté du contrat, le montant des plus-values latentes et l’écart de frais avec le contrat cible. Un tableur comparatif sur dix ans intégrant frais et rendement net reste le meilleur outil de décision.

