195 pays et une infinité de lois : le bitcoin, lui, ne connaît ni frontière ni compromis. Sur la rive du Nil, la légalité de la cryptomonnaie ne se joue pas à pile ou face, mais à coup de textes réglementaires et de lignes rouges tracées par la Banque centrale.
L'article 206 de la loi bancaire égyptienne frappe fort : toute émission, négociation ou promotion de cryptomonnaies sans aval explicite de la Banque centrale tombe sous le coup de la loi. Les sanctions sont lourdes : prison et amendes à la clé. Cependant, aucune règle ne s'attaque directement au simple fait de posséder du bitcoin. Ce flou laisse une marge étroite aux particuliers, bien que la vigilance reste de mise.
Les acteurs financiers et intermédiaires, eux, marchent sur des œufs. Un faux pas, et la sanction tombe. Ce cadre rigide contraste avec l'engouement discret mais réel de certains utilisateurs qui bravent le risque, poussés par l'attrait du bitcoin et la promesse d'indépendance financière.
Plan de l'article
Où en est la légalité du bitcoin en Égypte aujourd'hui ?
Le statut du bitcoin en Égypte continue d'alimenter les débats et d'inquiéter les passionnés de cryptomonnaies. Depuis la loi bancaire de 2020, la Banque centrale campe sur ses positions : seul l'argent estampillé ou approuvé par l'État détient une valeur officielle. Bitcoin et consorts restent hors-jeu, sans reconnaissance légale.
Les règles vont plus loin : toute utilisation, qu'il s'agisse d'acheter, de vendre ou de promouvoir le bitcoin, est passible de poursuites. Ce n'est pas la détention en elle-même qui est visée, mais bien l'usage et la circulation. Cette nuance, subtile mais réelle, laisse planer une incertitude juridique pour les particuliers. La Banque centrale continue de verrouiller le secteur, motivée par la volonté de prévenir manipulations, blanchiment d'argent et évasion de capitaux.
Pour les professionnels et entreprises, la réglementation se décline en trois points :
- le bitcoin reste exclu du statut de monnaie reconnue
- les cryptomonnaies n'entrent pas dans le périmètre légal du pays
- leur intégration dans les services financiers est formellement interdite
Conséquence directe : les plateformes d'échange locales opèrent dans l'ombre. Les investisseurs se tournent vers des solutions étrangères, au prix d'un risque accru de blocage ou de sanction. En clair, en Égypte, l'officiel ne laisse aucune place au bitcoin, mais un marché parallèle continue de résister, hors des radars.
Comprendre les lois et régulations qui encadrent les cryptomonnaies
Le cadre légal égyptien, depuis 2020, ne laisse que peu de latitude aux adeptes de crypto-actifs. Toute opération liée à une cryptomonnaie, émission, promotion, utilisation, sans aval formel, est strictement prohibée. Même les actifs numériques les plus novateurs se heurtent à ce mur réglementaire.
La loi bancaire ne se limite pas au seul bitcoin : elle englobe l'ensemble des actifs cryptographiques et vise toutes les transactions en crypto-monnaies. L'objectif ? Préserver la stabilité du système financier, maîtriser la monnaie et barrer la route aux activités illicites.
Les conséquences d'une infraction ne se résument pas à une simple mise en garde. Les amendes peuvent atteindre jusqu'à 10 millions de livres égyptiennes. Sont visés autant les particuliers que les entreprises ou plateformes opérant sans agrément. Cette rigueur traduit la volonté de l'État de garder la main sur l'émission monétaire et de rester méfiant face à l'essor des transactions décentralisées.
Pour les professionnels de la finance, la règle est limpide : aucun projet crypto ne passe sans validation réglementaire. Le cadre juridique du bitcoin et des autres monnaies numériques demeure inchangé, suspendu à d'hypothétiques futures évolutions.
Quels risques pour les utilisateurs de bitcoin sur le territoire égyptien ?
En Égypte, manipuler du bitcoin revient à s'aventurer sur un terrain miné. Chaque transaction en cryptomonnaie est susceptible d'attirer l'attention des autorités. Acheter, vendre, ou simplement utiliser une monnaie virtuelle pour régler un achat expose à des sanctions sévères.
Les dangers ne se cantonnent pas à la loi. Recourir à des marchés parallèles ou à des plateformes non reconnues, c'est aussi accepter de se retrouver sans recours en cas de litige ou de fraude. Les investisseurs évoluent donc dans un environnement où la protection juridique fait défaut, et où le risque de perdre ses fonds plane en permanence.
Le gouvernement ne cache pas ses intentions : lutter contre le blanchiment d'argent et le financement illicite. Opérer en dehors des règles, c'est s'exposer non seulement à des poursuites pour infraction mais aussi, parfois, à des soupçons de complicité dans des réseaux opaques. Les sanctions financières sont lourdes, et la Banque centrale ne laisse aucun espace à l'interprétation.
En résumé, utiliser le bitcoin en Égypte revient à naviguer en eaux troubles, entre risque pénal, incertitude sur la sécurité des transactions et absence de toute garantie. Ceux qui s'y aventurent le savent : la régulation n'est pas un simple cadre, c'est une frontière à ne pas franchir.
Vers une évolution de la réglementation : quelles perspectives pour les investisseurs ?
Le sujet d'une éventuelle évolution des règles sur le bitcoin fait bruisser les milieux financiers d'Alexandrie au Caire. Pour l'heure, la Banque centrale campe sur ses positions : pas de reconnaissance du bitcoin, pas d'assouplissement en vue. Pourtant, ailleurs, les lignes bougent. Le Salvador a sauté le pas, le Royaume-Uni explore de nouvelles pistes pour encadrer les actifs numériques. Ces expériences étrangères suscitent l'attention en Égypte, mais aucune ouverture concrète n'a encore vu le jour.
Sur le marché local, la pression monte. Les jeunes entreprises technologiques, les cabinets de conseil et certaines start-ups essaient de s'adapter à un contexte où l'innovation blockchain séduit, mais où les cryptomonnaies restent hors de portée. Un changement de cap n'est pas exclu à moyen terme. L'État pourrait s'inspirer de modèles étrangers pour encadrer certaines pratiques, à commencer par le développement d'une monnaie numérique officielle, sur le modèle chinois.
Les investisseurs institutionnels attendent des signaux clairs : création d'un statut spécifique pour les actifs numériques, différenciation par rapport aux monnaies classiques. Cette évolution ouvrirait la porte à plus de contrôle et à une modernisation du secteur financier. Pour l'instant, les particuliers naviguent dans un contexte incertain, sans filet de sécurité et sans accès direct aux grands marchés internationaux.
Rien n'est gravé dans le marbre. Le bitcoin reste à la porte, mais la curiosité grandit, et avec elle, la tentation de voir un jour la réglementation s'assouplir. L'histoire, en Égypte, n'a pas encore livré son dernier mot.


